Face à l’homophobie…Soit tu t’occupes à vivre, soit tu t’occupes à mourir !

Photo de Rafael Freire provenant de Pexels

Je m’appelle Rodrigue, j’ai 24 ans. Ça fait 2 ans que je suis de retour, au Burundi, après des études au Rwanda. C’est de là que j’ai eu le déclic personnel, à propos de la manière dont les personnes comme moi sont traités dans nos sociétés, au Burundi et au Rwanda. Aujourd’hui je m’autorise, pour la première fois, à questionner ce que sont ces sociétés qui coincent à comprendre que l’homosexualité est quelque chose de naturellement existant; que moi et toutes ces autres personnes concernées, ne sommes ni des malades mentaux ni des handicapés. 

Je n’ai jamais eu de problème avec moi-même…

Un beau jour, mes parents ont décidé de m’envoyer à l’internat, dans un autre pays pour “ voir si je peux devenir un vrai homme “. À Bujumbura, j’attirais trop d’attention, dans la famille, le voisinage, dans la rue… Très efféminé, au goût de certains, pour être “ un vrai homme “. Personnellement, je n’ai jamais eu de problème avec moi-même, mais ça en été un, pour tous ces gens. 

Bref, en internat premier jour, filles et garçons me souhaitent le bienvenu. Et puis il y a Carl et Eric qui me propose de me faire un tour de l’établissement. Un passage sur un monument de la vierge Marie ; c’est de nul part que surgie cette histoire de fameux garçons homosexuels qui, une fois, ont été attraper en train de faire le sexe dans cet endroit. Je n’avais que faire de cette histoire et je leur ai ouvertement demandé leur avis sur l’homosexualité. Carl m’a répondu avec beaucoup de franchise que les homosexuels étaient des gens maudits, sans aucun avenir. Il a commencé à me sortir des versets bibliques qui montrent que les homosexuels sont des personnes à anéantir. Éric, lui, en me fixant droit dans les yeux m’a demandé calmement si j’étais gay aussi. Il avait vu que je n’encaisser en rien les idioties de Carl. 

Le choc ! Personne ne m’avait jamais ouvertement posé cette question. Étais-je aussi visible jusqu’à ce point ? D’après Eric, c’était clair de mes caractères à mes réflexions. La discussion a tourné dans une lecture vexante sur comment les homosexuels sont anormaux, des malades mentaux, des handicapés, des personnes qui ne méritent pas d’exister sur ce monde. Ce jour, ils ont refusé de m’écouter et m’ont même dit que si j’avais ce genre d’opinions ; ce n’était pas la peine de continuer notre amitié.

Personne ne mérite de souffrir ainsi… 

Aujourd’hui, d’une simple observation sur toutes les situations que je vois au quotidien; Il reste évident que beaucoup des gens comme moi ont juste peur de s’exprimer, de se montrer, car ils vivent dans une éternelle peur de tout ce qui pourrait se passer. À ce point, ce n’est même pas seulement, une question d’aimer une personne de même sexe mais beaucoup plus. C’est toute la terreur qu’inflige le gouvernement, les familles voire des inconnus au hasard. La silenciation, les discriminations muettes, les violences verbales, les attaques physiques, tout ça nous arrive directement ou non mais ça nous affecte. Personne ne mérite de souffrir ainsi ! 

Pour beaucoup de garçons avec des caractères féminins, trouver un travail est presque impossible, à cause de la façon d’être, d’agir, de faire, etc. Ça ne m’étonne pas que ceux que je connais aspirent toujours à quitter ce pays et aller vivre à l’étranger où ils peuvent être plus libres. Et nous qui ne voulons pas quitter ce pays et qui ne voulons pas nous cacher, on fait quoi au juste de cette vie ?

Soit tu t’occupes à vivre…soit tu t’occupes à mourir !

Pour la société burundaise, il est vraiment nécessaire d’avoir et de respecter les différentes opinions des uns et des autres. Je crois, profondément, que ça doit être la même chose à propos de l’homosexualité. Il est nécessaire que les Burundais aient accès à plus d’informations sur pourquoi, quand et comment une personne vit dans une telle situation de discriminations et l’impact que ça porte sur son évolution. De même pour ceux qui s’identifient comme homosexuels, qu’ils sachent comment vivre et évoluer dans cette société. Quels droits et devoirs portent-ils aux autres et si nécessaire comment se défendre. Les dirigeants gardent un rôle important aussi dans la protection de tout le monde sans distinction aucune.


Cet expression a été faite à travers une soumission en ligne par: N.E.L. |  » Un jeune homme vivant au Burundi avec beaucoup d’ambitions de faire venir les droits des homosexuels « . (Pour contacter l’auteur, veuillez laisser un message ici )

Aurez-vous aussi une opinion, une histoire et/ou perspective à partager, sur la vie et l’évolution des personnes d’orientations sexuelles et Identités de genre diverses, en Afrique centrale et de l’Est Francophone? Cliquez ici pour accéder au formulaire de soumission de contenus.(Article, vidéo, audio,)



Catégories :Burundi, Notre Blog, plaidoyer, StoryTelling

Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s